Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


La jeunesse Algérienne a besoin de respirer ! (source LeMatin DZ)

Publié par The Algerian Speaker sur 28 Juin 2014, 12:21pm

Catégories : #DEBATS A BATONS ROMPUS(hiwar bila houdoud)

La jeunesse Algérienne a besoin de respirer ! (source LeMatin DZ)

Est-il nécessaire d'être jeune pour comprendre le cri et le malaise de cette jeunesse algérienne grouillante et dynamique mais désintéressée au charabia politique de ses élites ou simplement attendre l'opportunité d'une compétition sportive d'envergure comme le Mondial pour se rendre compte qu'on est à mille lieues des fondamentales préoccupations de celle-ci ?

Pas simple comme question à vrai dire dans la mesure où ces dernières années, le football s'est avéré être sous les acclamations de «one, two, three vive à l'Algérie», le seul et le réel moment de liesse des masses, leur mobilisation et leur réappropriation d'une identité collective qui pâtit d'usure : un symptôme maladif on ne peut plus tiers mondistes (citons à ce titre la rencontre décisive entre l'Algérie et l'Egypte pour les éliminatoires de la coupe du monde en 2009 et tout ce qu'elle suscité de polémiques, d'engouements et de surenchères!) ! Au jour d'aujourd'hui notre pays pourtant si jeune, tenu en laisse par une gérontocratie aux œillères, éprouve mille et une difficultés pour se mettre en selle. Car la cadence au galop des turbulences sociales est contrecarrée par une sclérose administrative, des lenteurs bureaucratiques et surtout un problème identitaire tant au niveau individuel (citoyen happé par l'arbitraire tout-puissant du vouloir social) que sur le plan collectif (crispations et déchirements entre Orient et Occident). Notre société dépassée par le train d'un monde en évolution rapide et déphasée par rapport à la dure réalité socio-économique (inflation, baisse du pouvoir d'achat et dérèglement des valeurs) dont est malheureusement tributaire la santé morale des individus qui la composent, peine à se prendre sérieusement en charge ! De plus, ce qui est au demeurant grave à plus d'un égard, l'argent sale devient par défaut «la valeur-refuge» et le filon-locomotive d'une économie informelle, illégale, florissante et arrimée à l'orbite de l'affairisme politico-mafieux ! Entre d'une part, le canevas mental d'un jeune grisé par l'apogée fascinante des réseaux sociaux, l'inexpugnable totem de l'argent facile, engendré par le circuit de la rente, et l'hypnose séductrice des canons de la belle vie, la mode et les apparences aux dépends du travail créatif et de l'autonomie, et d'autre part, la cartographie électorale, reconfigurée dans les schèmes de pensée de nos députés et de nos responsables, attachés à leurs poste, leurs mirobolants salaires, leurs privilèges, leurs primes et leurs villas cossues, en redécoupage des parts du gâteau de cette Algérie trop «friquée», et enfin, l'inédit calendrier des décideurs où tout est à l'ordre du jour, sauf bien sûr, le principe de l'alternance démocratique voué aux gémonies par une soldatesque mediatico-propagandiste soumise et des sous-fifres partisans faussement nationalistes, se dessinent les contours d'un «no man's land» ou d'un terrain vague, servant de topographie idéale pour «une régression» caractérisée pour reprendre à ma manière bien évidemment un des titres du romancier Rachid Boudjedra ! En effet, les proportions alarmantes de cette dérive laissent pantois et le trio des «losers»: jeunes, masses et classes défavorisées s'enfonce encore plus dans l'abîme de la paupérisation ! Aussi l'ascenseur social qui était, il y a longtemps, tombé en panne (depuis pratiquement le dépérissement de l'Etat-Providence à la fin des années 80), la déréliction inquiétante de l'axe de pensée collective et du mouvement général d'une société mal remise de ses blessures d'abord mémorielles (colonisation) et puis sécuritaires (guerre civile) ont-ils aggravé la donne. Ainsi, gagnée par l'incertitude quant à son avenir, souffrante et frustrée, la société déjà sujette aux vieux réflexes archaïques du patriarcat traditionnel (l'autorité transcendantale du chef de famille qui se transforme à l'échelle locale ou nationale à un autoritarisme étatique d'office, baigné dans les travers du centralisme, du jacobinisme et de l'accaparement de l'espace des libertés individuelles), ramène la problématique de l'insertion économique de la jeunesse à l'analyse de son substrat socio-anthropologique !Force est de constater à cet effet que ni les rabibochages, ni les rafistolages, encore moins les accommodements étatiques de dernière minute ne puissent résoudre des problèmes «sociologiquement» très complexes! Mais bon dieu pourquoi cette Algérie-là est-elle toujours stagnante? Et puis, les jeunes algériens sont-ils vraiment incapables de déployer une énergie intérieure et se mobiliser afin qu'ils se mettent en mouvement et changent le cours de leur existence comme lors des matchs sportifs où ils semblent le plus souvent emportés par la verve et l'énergie de l'aventure? Dans le cas où la réponse à cette deuxième question est par la négative, serait-il alors logique et judicieux pour eux de «narguer» le système et la société qui les ont largués que d'essayer d'interagir avec eux, en appréhender les ressorts, les comprendre et s'y insérer par la suite! Dernièrement même, un septuagénaire algérois m'aurait affirmé que ces jeunes-là ne voulaient pas travailler et c'est tout à fait logique pour lui que l'on ramène des chinois et leur confie des grands projets « tu imagines, me dit-il déçu, j'ai cherché pendant plusieurs semaines un manœuvre dans tout le quartier et je n'en ai pas trouvé, pourtant tous les jours je rencontre des jeunes chômeurs ameutés au pied de mon immeuble!», «et comment font-ils pour vivre?» l'interrogeai-je de façon spontanée « ils préfèrent la garde des parkings publics pour une poignée de petites pièces que la poussière des chantiers! La société a changé, il y a trop d'argent qui circule et peu de gens qui en bénéficient, le pays est devenu un grand spectacle de fausses fortunes, de paresse et de frime !» sourit-il, les yeux malicieux derrière des lunettes rectangulaires, tombées à demi sur son nez. J'ai la foi et le sentiment d'affirmer en conséquence que ce qui manque à cette jeunesse dont l'horizon est bouché, l’imaginaire déformé et les perspectives futuristes drastiquement réduites en peau de chagrin est justement ce coup de pouce moral, c'est-à-dire, leur donner la chance et l'occasion de s'accomplir, de s'affirmer, de se réapproprier l'espace vital de la parole et enfin de s'épanouir. En d'autres termes, préparer une relève au moins symboliquement et briser ce géant épouvantail derrière lequel se profile l'ombre du mépris et de la condescendance. En effet, pour expliquer mes propos, j'en invoque une anecdote, il n'y a pas si longtemps, j'ai assisté à une conférence sous le thème de « la tolérance religieuse » dans une institution étatique très respectable de mon pays dont je préfère taire le nom et où j'avais senti cette effroyable distance qui sépare la vieille génération des jeunes d’aujourd’hui ! La distribution de la parole qui devait être équitable y fut, à mon grand malheur, un enjeu d'autorité et surtout d'âge, bref, « un ordre du discours » pour paraphraser le mot du philosophe Michel Foucault (1926-1984) auquel le jeune que je suis n'était, semble-t-il, pas le bienvenu même après mes moult insistances zélées pour la prendre ! Le micro qui se déplaçait discrètement et de main en main a fait bouillir ma solitude intérieure, en la métamorphosant en une rage terrifiante! Ma soif de s'exprimer est montée à son paroxysme alors que la parole m'est subtilement, voire tactiquement interdite dans cette réunion de « cheveux blancs » ! Mais notre jeunesse est-elle à ce point immature, irresponsable et inapte de formuler les moindres bribes d'un discours? Foutaise ! On peut malheureusement déplorer pire dans d'autres contextes où un haut cadre d'un parti politique algérien qui, profitant du mot de la fin d'une émission, aurait demandé sans scrupules sur le plateau de télévision d'une chaîne étrangère à un jeune algérien, beau, enthousiasmé, engagé dans les luttes sociales et attaché à son pays plus que tout autre cacique du camp du premier "quelle est la superficie de l'Algérie?" et à celui-ci, sentant pourtant le désir de revanche, de provocation gratuite et d’humiliation qui anime son interlocuteur vieillissant, de lui lancer calmement et avec un sourire indémontable dans la figure :"2 381 741 km2 monsieur !". Est-il concevable d’arriver à ce stade de bassesse langagière quand ce jeune, d'apparence un trentenaire, dépasse de loin l'âge d'un certain A. Bouteflika qui fut à 25 ans ministre de la jeunesse et des sports dans le gouvernement d'Ahmed Ben Bella et lequel aujourd'hui même à l'âge de 77 an, malade de son état, gouverne un pays de presque 40 millions d’habitants ? Je crois que ce divorce qui se consume entre deux générations aux antipodes l'une de l'autre se prolonge et risque même de durer indéfiniment d'autant qu'en plus, il y a une absence remarquable et symptomatique de moyens de distraction publique, de mobilité sociale massive, et tout particulièrement de défouloirs à même d'absorber les refoulements de cette jeunesse en alerte ainsi que les dosages immodérés de colère et de révolte qu'elle aurait dû emmagasiner à son corps défendant. Un jeune qui traîne derrière lui l'ennui du désœuvrement, le deuil de la parole et la sécheresse de la joie, et, a de surcroît du mal à s'extraire de cette précarité de « l'infra-vie » qu'il subit et surtout de la douleur de la déconsidération sociale outrancièrement manifestée à son égard se fera certainement l'écho des convulsions d'une Algérie en capilotade, laquelle refuse de sortir la grande artillerie dont elle dispose pour sauver les siens du pire! N'est-il pas grand temps de laisser cette jeunesse-là respirer comme l'a si bien promis le premier ministre Abdelmalek Sellal quelques mois après sa prise de fonctions sans qu'un effet palpable sur le terrain s'ensuive «il ne suffit pas d'avoir bonne intention dit l’écrivain espagnol Baltasar Gracian (1601-1658), si l'action a mauvaise apparence ! A bon entendeur.

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